« Sac de nœud » dans le secteur pétrolier

Ces derniers temps, le secteur pétrolier souffre de certaines imperfection, d’origines diverses, mais qui peuvent être liées les unes aux autres par une relation de cause à effet difficiles à résoudre, compte-tenu de leur nature et de la diversité des intérêts qui y sont liés.

Les découvertes du Pré-Sal et de son énorme potentiel pétrolier ont conduit le gouvernement à proposer la création d’un nouveau cadre de régulations spécifique, applicable pour le domaine qui l’entoure. La majeure partie des réformes nécessaires a déjà été approuvée. Cependant, il manque encore la définition de pourcentage de royalties qui insinuera sur la production du Pré-Sal et, plus important encore, la manière dont seront divisées ces ressources. Cette lutte prend en compte les intérêts de l’Etat, des états fédéraux et des municipalités, producteurs ou non.

La discussion est si complexe qu’on est arrivé à l’absurde : profiter de l’opportunité pour essayer de modifier la façon de diviser les royalties  des champs actuellement en production, ce qui affecterait énormément l’équilibre économique des états et des municipalités producteurs.

Une loi de redistribution des valeurs recueillies a été votée par l’ex-président Lula et acceptée, mais les menaces, notamment des banques  des états du Nord, Nord Est et Centre Ouest continuent à croître pour qu’au final, on accorde à leurs états la plus grosse part du gâteau.

Tant que cela ne sera pas résolu, nous n’aurons pas d’enchères pour les domaines du Pré-Sal, déjà dans le cercle des nouvelles législations. C’est bien vrai que Petrobras détient déjà l’opération et un grand nombre de blocs autorisés sous le régime de concession, ce qui est suffisant pour la maintenir occupée pendant encore un bon moment. D’une certaine façon, cela réduit l’urgence qu’il y a à régler cela, au moins du côté de Petrobras.

D’un autre côté, après plus de deux ans et demi sans enchères, il a été annoncé en avril que le CNPE s’est réuni et qu’il a approuvé la poursuite des enchères des blocs exploratoires, bien-entendu en dehors du domaine du Pré-Sal.

De là, ont été sélectionnés les secteurs de plusieurs bassins sédimentaires terrestres et maritimes du nord et du nord est brésilien. Cela a été une bonne nouvelle pour les Etats de ces régions étant donné que le processus exploratoire est toujours le début d’une série d’activités qui font bouger l’économie locale.

Dans le cas où cela serait un succès, les investissements supplémentaires encore plus significatifs sont placés dans la période de développement des champs de pétrole, au-delà de la croissance de la recette tributaire à travers les impôts directs et indirects sur la production de pétrole.

Mais cela en est resté là. Plusieurs mois après la décision du CNPE, l’ANP, organe responsable de l’organisation des enchères, n’a pas encore reçu l’autorisation de commencer le processus d’offre. Lors de la récente cérémonie d’investiture de deux nouveaux directeurs de l’ANP, un homme politique du Nordeste s’est plaint de l’attente, et a insisté en ajoutant que cela avait lieu exactement au même moment que son Etat serait inclus dans l’enchère, après plusieurs années.

Coïncidence ? Il se peut que non et que tout fasse partie d’un ensemble encore plus important en négociation.  Dans le même genre on trouve la tant discutée révision du plan d’investissement de Petrobras. On sait qu’il a été présenté et rejeté deux fois par le conseil d’administration. Le marché s’attend à ce que soit présenté un programme d’investissements qui présente la plus grande partie des ressources destinées à l’activité d’exploration et de production, jusqu’à inclure les domaines acquis à travers le processus de cession couteux qui a eu lieu à la fin de l’année dernière.

Etant donné que la couverture est mince et que la seule croissance des engagements pour répondre à tous les projets mènerait l’entreprise à un niveau d’endettement mauvais peu recommandable pour sa santé, la solution serait de diminuer les investissements dans d’autres domaines de moindre intérêt, notamment dans la construction de nouvelles raffineries. Ainsi, comme c’est justement dans le Nordeste que se trouve une grande concentration de projet de ce type, faire cela sans s’attendre à une riposte technique de l’entreprise, serait comme mettre son nez dans un nid de guêpe.

Plus nombreux sont les thèmes qui font partie de la négociation, plus grande est la difficulté d’arriver à un consensus. Aujourd’hui, il semble que nous aurons prochainement une nouvelle appréciation du plan d’investissement de Petrobras par son conseil. Nous verrons bien si l’affaire finira par se dénouer.

 

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