Le manque de capacité des fournisseurs freine la progression dans le Pré-sal

Selon Gabrielli, Petrobras dispose de bonnes ressources et pourrait développer de nombreux projets, mais la demande est bien supérieure à la capacité des fournisseurs.

Les activités menées dans le Pré-sal commencent à étrangler les fournisseurs de rigs et d´équipements. Hier, le président de Petrobras, José Sérgio Gabrielli a déclaré que les retards accusés dans la livraison d´équipements commandés à l´extérieur sont en train de freiner le développement des projets dans le Pré-sal et pourraient même compromettre les investissements prévus pour cette année. De 93 milliards de R$ initialement décidés, les investissements sont passés à 84,7 milliards de R$ dans le budget d´investissements rendu public en juillet dernier.

Selon Gabrielli, la compagnie dispose de ressources suffisantes et souhaite développer de nombreux projets. Ce dynamisme est toutefois freiné par l´incapacité de l´industrie mondiale à répondre en temps et en heure aux demandes de Petrobras. « 13 rigs de forage ont été commandés sur le marché international. Les unités devaient entrer en opération cette année. Résultat : 6 rigs sont arrivés avec du retard et nous attendons la livraison de 7 autres unités qui auraient dû déjà être là », c´est ce qu´a affirmé le président de Petrobras, lors d´une interview exclusive accordée à l´Estado.

Ce dernier est d´ailleurs convaincu que le second semestre verra l´arrivée de nouvelles vagues d´investissements qui viendront soutenir et accélérer des projets paralysés par les retards de livraison des  équipements. De janvier à juin, Petrobras a investi à peine 32 milliards de R$ sur le total prévus pour 2011.

Le Pré-sal occupe une place de prime importance dans le budget d´investissement décidé sur la période 2011-2015, pour un montant total de 224,7 milliards de US$.  Grâce à ces ressources, la production du Pré-sal, qui représente aujourd´hui 5% de la production totale du pays, devrait  atteindre les 40% d´ici 2020.

« 2,7 millions de barils seront extraits du Pré-sal par jour, un volume qui correspond à notre production actuelle. Autrement dit, il nous a fallu 54 ans pour arriver à notre pic de production actuel, alors que nous produirons ce même volume sur les 9 prochaines années », c´est ce qu´a déclaré le président de la compagnie.

En plus de la faiblesse des fournisseurs sur le marché international, Petrobras doit également se plier aux exigences du contenu national, une contrainte supplémentaire qui l´expose au paiement de coûts plus élevés et à l´impossibilité des fournisseurs locaux de répondre aux commandes dans les délais fixés.

Selon Gabrielli, si Petrobras veut respecter son objectif de production fixé à 6 millions de barils par jour d´ici 2020, 35 nouvelles unités de production devront être installées entre 2015 et 2020. « Ce qui sous entend, pour chacune de ces unités, des millions de professionnels formés, des milliards de fournisseurs, des millions de certificats et des tonnes de contrats. Nous avons déjà commandés tous les équipements dont nous avions besoin d´ici à 2013. Nous sommes aujourd´hui en train de passer commande pour 2014. Mais tout dépend maintenant de la chaîne des fournisseurs au Brésil et à l´étranger. »

Politique industrielle

Gabrielli a affirmé que pour combler ces faiblesses, le gouvernement devra décider d´une nouvelle politique industrielle. Selon l´analyste du BTG Pactual, Gustavo Gatass, le rythme auquel progresse l´industrie locale et le manque d´espace pour réaliser les activités d´intégration des plateformes en territoire national pourraient représenter un obstacle au développement du Pré-sal. « Petrobras devrait installer 54 nouveau systèmes de production d´ici 2020. Ces dix dernières années, sur les 36 unités installées, 13 ont été construites ici. Est-ce que nous pouvons les construire toutes ici? Bien sûr ! Mais cela prendra plus de temps. Le gouvernement et la société vont donc devoir décider s´il le veulent ou non ».

Gatass a soutenu l´idée selon laquelle Petrobras peut profiter de développer ses activités sur les domaines acquis lors des premiers cycles d´appels d´offre de l´Agence Nationale du Pétrole, du Gaz et des Biocombustibles (ANP), sur lesquelles elle n´a aucune exigence de respect du contenu national, pour finalement  passer commande à l´étranger.

Pour le directeur général de l´Organisation Nationale de l´Industrie du Pétrole (ONIP), Eloi Fernández y Fernández les principales barrières pour que l´industrie nationale devienne plus compétitive concernent les impôts, les taux de change, et le coût du capital. Selon lui, le Ministère du Développement, de l´Industrie et du Commerce Extérieur (MDIC) devrait mettre en œuvre une nouvelle politique industrielle.

Selon l´ONIP, la chaîne du pétrole, en prenant en compte Petrobras, ses partenaires, et d´autres entreprises du secteur privé, telles que OGX et HRT, devraient générer 400 milliards de US$ d´ici la fin de l´année.

O Estado de São Paulo

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