Siemens développe un système sous-marin axé sur le contenu local brésilien

Le président-directeur de la division Oil & Gas de Siemens au Brésil, Welter Benício, a révélé que l’entreprise fait face actuellement à un défi inédit : parvenir à monter un système sous-marin de distribution d’énergie électrique capable de fonctionner à 3 000 mètres de profondeur. Petrobras considère cette technologie comme la clef du développement des puits en eaux profondes. Pour atteindre cet objectif, Siemens a investi dans un centre technologique dans l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (les travaux de construction sont prévus jusqu’en 2012), et a racheté deux entreprises de technologie sous-marine : Bennex et Poseidon.

Ces deux acquisitions, réalisées en juillet, pour un total de 105 millions de US$, s´inscrivent dans la stratégie de Siemens qui souhaite développer ses propres technologies. « Il s´agit de deux entreprises d´ingénierie sous-marine » explique Benício.

« Nous croyons en la réussite de ce système électrique. Siemens a donc compris que ces technologies, de grande importance, devraient être développées sous son propre toit ». Même s´il s´agit d´entreprises norvégiennes présentes à Houston, au Texas, leur intérêt pour le Brésil est légitime, le pays étant le plus grand centre pour l´utilisation de ce type de technologie.

Le responsable précise toutefois qu’il n’y aura pas de Bennex Brasil ou de Poseidon Brasil, mais qu’il y aura en revanche une formation des professionnels brésiliens sur place. « Nous disposons au Brésil d´une grande expertise en ingénierie sous-marine. Pour développer cette niche de marché, nous souhaitons compter sur des professionnels formés aux nouvelles technologies». Selon lui, le centre technologique développera le système de distribution d’énergie norvégien.

Benicio a toutefois expliqué que le défi ne réside pas dans la fabrication de l’équipement, mais plutôt dans la capacité à le faire fonctionner à 3 000 mètres de profondeur. « De nombreux efforts devront être fournis pour parvenir à placer l’équipement sous l’eau et pour optimiser son utilisation. Les machines devront fonctionner seules, sans intervention extérieure, durant une moyenne de 5 ans » a précisé le responsable.

Certains composants, qui ont déjà été testés, n’ont encore jamais été confrontés à la situation réelle. L´entreprise ne sera récompensée pour ses efforts que lorsqu´elle conclura des contrats avec les opérateurs de puits de pétrole.

Le travail de recherche et développement est concentré en Norvège. “Nous allons inaugurer un centre de recherche sous-marine là-bas” a déclaré Benicio. Le responsable affirme que les premiers tests en eaux rases seront réalisés d´ici 2013, l’objectif final étant de transférer le maximum de la  technologie vers les opérations brésiliennes.

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Mais l´entreprise est particulièrement préoccupée par les exigences en termes de contenu local requises par Petrobras envers ses fournisseurs.

Selon Benicio, Siemens est parvenue à atteindre le pourcentage exigé par Petrobras, cet indice se situant entre 30% et 52%, selon le type d’équipement. « Jusqu’alors nous y sommes parvenus, mais non sans peine » a-t-il indiqué.

Benicio affirme que certaines rumeurs laissent présager un indice pouvant aller jusqu´à 70%. « C´est un haut pourcentage qui représenterait un défi supplémentaire », explique t-il. Selon lui, une partie des 600 millions de US$ que l´entreprise devrait investir au Brésil d´ici 2016 sera justement destinée à augmenter le contenu national des produits proposés par Siemens.

Le responsable a ajouté que la dernière mesure prise par le gouvernement fédéral pour soutenir l’industrie, le Programme Brasil Maior, a un impact positif sur les opérations de Siemens. « Cela nous concerne dans la mesure où nous avons un groupe qui travaille au développement de logiciels ». Le plan du gouvernement prévoit en effet l’exonération des entreprises qui développent des logiciels.

Mais Benicio insiste cependant sur le fait qu’il manque encore aujourd’hui une politique permettant de soutenir et d´encourager le développement de la production nationale.

« Pour pouvoir produire localement, nous avons besoin d’une base solide de fournisseurs. Nous ne pouvons pas respecter un indice de contenu national de 50% sans de bons fournisseurs. » Ceux qui font partie de cette industrie depuis plus de 20 ans savent qu’il faut faire beaucoup d’efforts pour se maintenir dans la course.

Crédit photo: Siemens

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