La stratégie derrière le Plan d’Investissement 2012-2016 de Petrobras


Le Business Plan 2012-2016 présente des objectifs plus réalistes, mais ne rassure pas le marché, qui craint une grande ingérence politique.

Depuis 2003, bien qu’elle n’ait pas atteint ses objectifs de production ni respecté les délais de certains projets, Petrobras a investi chaque année, en moyenne, ce qui était prévu dans ses business plan annoncés – ou même parfois plus. Selon un sondage, effectué sur le site de la compagnie pétrolière, à l’exception de 2011, 2010 et 2004, l’entreprise a maintenu ses objectifs d’investissements, sans nécessairement réaliser les projets prévus.

Ainsi, le Business Plan de Petrobras 2012-2016, premier sous la direction de Graça Foster, correspond à ce que Brasil Energia avait anticipé : plus réaliste et moins ambitieux, avec des objectifs de production revus à la baisse, mais tangibles, et des projets pour lesquels la réalisation et le budget seront liés. Avec un financement de 236,5 Mds USD (208,7 Mds USD pour les projets en cours d’exécution et 27,8 Mds USD réservés pour les projets encore en cours d’évaluation), le Business Plan définit une ère nouvelle chez Petrobras, pour laquelle les prévisions et les réalisations évolueront, a priori, côte à côte.

Pour s’adapter à la réalité comme le préfère Graça, et mettre fin au temps des “annonces populistes” qui proclamaient des objectifs ambitieux mais irréalisables, tous les projets ont été revus et de nouveaux objectifs ont été établis.

Après plus de trois mois de travail, ont été reportés ou retardés au moins 13 projets du secteur de l’E&P et du Raffinage. Et parmi les 980 projets confirmés, 833 sont en cours d’exécution et ont obtenu un financement garanti. Les 147 en évaluation doivent justifier leur budget s’ils veulent être maintenus, et aucun secteur d’activité de l’entreprise n’a été épargné. Des projets du département E&P (international), Approvisionnement, Gaz & Energie, Pétrochimie, Distribution et Biocombustibles vont se disputer les financements.

Les principaux points du Business Plan 2012-2016.

? Le BP se divise en trois actions principales : l’amélioration de la courbe de production ; l’organisation effective des projets pour chaque responsable de département ; et l’approbation systématique des projets, se soumettant à chaque étape et ne dépassant absolument pas le budget.

? Aucun secteur, à l’exception de l’E&P, n’a le droit d’acheter par anticipation des équipements destinés à des projets qui n’aient pas validé leur Etude de Viabilité Technique et Economique. La responsabilité des actions de chaque secteur repose donc entièrement sur son directeur. « La responsabilité absolue de la gestion du budget des projets appartient au directeur du département, et il faut donc toujours s’en tenir à l’étude systématique des projets » affirme Graça Foster.

? La priorité à partir de maintenant est d’accompagner en détail les projets, surtout ceux qui respectent le délai et le budget attribué, afin d’en intégrer d’autres à leur gestion. Il a été exigé de ne permettre aucun retard injustifié afin d’éviter qu’ils compromettent les indicateurs techniques et financiers de la société, comme cela a pu arriver ces dernières années.

? Comme exemple à ne pas suivre, Graça Foster évoque souvent Rnest. La raffinerie entre en lancement avec trois ans de retards, et avec un fort dépassement de budget (9 fois le budget initial).

? Le BP est encore engagé dans trois programmes de grandes importances : le Programme d’Optimisation des Coûts, le Programme d’Optimisation Opéra-tionnelle du bassin de Campos, et le Programme de Gestion du Contenu Local.

? Une dernière nouveauté réside dans la décision d’organiser la logistique de l’entreprise de manière intégrée et non plus sous forme de départements opérationnels.

De plus il y a eu une réduction importante des objectifs de production – près de 1 M de b/j de pétrole et de gaz naturel d’ici à 2015, et près de 700 000 b/j d’ici à 2020. Petrobras travaille maintenant pour produire 2,5 Ms de b/j de pétrole et de gaz naturel en 2016 et 4,2 Ms de b/j en 2020. Dans l’ancien Business Plan (2011-2015), l’objectif était d’atteindre 3,1 Ms de b/j en 2015 – les prévisions actuelles pour cette même année sont aux alentours de 2,1 Ms de b/j – et de 4,9 Ms b/j à la fin de la décennie. “Il a été demandé au corps technique de l’E&P d’établir des objectifs parfaitement réalistes et pour ce faire d’avoir un point de vue pragmatique basé sur les projets typiques. Les miracles ne sont pas envisageables dans un contexte de forte demande mondiale et nationale”, a déclaré Graça dans sa présentation du Business Plan 2012-2016 aux investisseurs, analystes, et entrepreneurs.

Un marché plus optimiste:

Bien que les actions de Petrobras aient continué à baisser, la majeure partie des analystes financiers considère le Business Plan 2012-2016 comme étant bon et plus cohérent. Les nouveaux objectifs de production de la compagnie pétrolière s’approchent des prévisions des principaux analystes du marché qui, il y a quelques années, étaient en désaccord avec l’entreprise.

Il est vrai que les principales banques du pays s’attendaient à une estimation de production pour 2016 se situant entre 2,6 Ms et 2,7 Ms de b/j. Mais les chiffres actuels sont plus proches de la réalité du marché. Pour se donner une idée des divergences entre les analystes, à l’étranger, quand Petrobras prévoyait 3,1 Ms de b/j pour 2015, de nombreuses banques ont pris en compte une base de 2,5 Ms de b/j.

Pourtant, le marché craint que l’entreprise ne s’endette dans le futur. Cette préoccupation se base sur deux faits : la disparité des prix des combustibles entre le marché interne et le marché externe, malgré la récente augmentation des prix dans les raffineries, et l’étrange montant de 27,8 Mds USD qui, pour certains analystes, est le signe de l’influence du gouvernement dans la gestion de l’entreprise.

En outre, Petrobras ne révèle pas la longue liste des 147 projets en phase d’évaluation, actuellement sans financements. Toute-fois, selon le scénario actuel décrit dans le plan, 50% des projets correspond à des projets de Raffinage/ Transport/ Commercialisation, 21% pour le Gaz & L’Energie, 17% pour l’E&P à l’étranger, 7% pour les Biocombustibles, 5% pour la Pétrochimie et 0,4% pour la Distribution.

Même si Petrobras a attribué les budgets par secteur, Graça souligne que les projets en phase d’analyse seront quand même en compétition avec les projets d’autres secteurs d’activités. “Chaque directeur devra faire preuve, pour chaque projet, d’une grande créativité, de simplicité et d’un travail approfondi de planification, avec un objectif de réduction des coûts suffisamment élevé pour que ces projets aient une valeur nette actuelle positive. Nous devrons observer la disponibilité des ressources et la compétition pour les financements. Il n’y a pas plus de réserves d’investissements pour un département.”

La crainte des politiques:

Aux yeux du marché, l’utilisation de deux valeurs a provoqué plus de pertes que de gains. Si la compagnie pétrolière avait révélé seulement l’investissement de 208,7 Mds USD, le comportement des actions aurait été différent, selon certains analystes. En effet, les investisseurs ont perçu ces deux valeurs comme un signe préoccupant par rapport au bilan financier.

“Le marché financier estime que si Petrobras avait annoncé un budget d’investissement de 208,7 Mds USD, il aurait été sous entendu que la compagnie pétrolière restait indépendante des décisions politiques. Dans le sens où Petrobras a annoncé un budget de 236,7 Mds USD, il est clair pour les analystes, qu’en plus d’être influencée par le gouvernement, Petrobras n’aura peut-être pas assez de trésorerie pour répondre à son audacieux budget d’investissements» déclare un analyste.

La plus grande préoccupation du marché est que Petrobras n’ait pas assez de trésorerie pour investir 236,5 Mds USD et finisse par emprunter plus que ce qu’elle ne le devrait, en s’utilisant d’une nouvelle augmentation de capital. Le directeur financier de la compagnie, Almir Barbassa, a néanmoins assuré qu’il n’y aurait pas de recours à de nouvelles émissions d’actions.

Pour Petrobras, l’important est de viser la parité de prix du carburant entre le marché interne et le marché international. Chaque fois qu’elle le peut, Graça met un point d’honneur à dire que cette mesure est essentielle pour renforcer la trésorerie de l’entreprise et permettre la réalisation des objectifs et des projets pour les cinq ans à venir. Un autre point important pour le succès du plan est le programme de désinvestissement, qui s’élève à 14,8 Mds USD, et qui était de 13,6 Mds USD dans la version précédente. L’intention de la compagnie est d’effectuer la majeure partie de ces désinvestissements dès cette année.

Le département de l’E&P se renforce:

Le secteur de l’E&P s’est trouvé encore une fois renforcé dans le Business Plan de Petrobras 2012-2016 . Ce secteur recevra la majeure partie des investissements de la l’entreprise : 131,6 Mds USD au Brésil – 25,4 Mds USD en exploration, 89,9 Mds USD en développement de production et 16,3 Mds USD en infrastructure. Le montant représente une augmentation de 12% par rapport aux 117,7 Mds USD prévus par le Business Plan précédent. La réduction des objectifs de production à 2,5 Ms de b/j de pétrole en 2016 et à 4,9 Ms de b/j en 2020, associé à la prévision de stabilisation en 2012 et 2013, aux alentours de 2,3 Ms de b/j est plus réaliste. Cette décision a donné un nouvel élan pour les techniciens et directeurs de l’E&P.

D’ici à 2020, 38 nouveaux projets de production offshore seront mis en place, sur lesquels 19 entreront en opération d’ici à 2016. Le plan précédent en prévoyait 44, dont 19 pour la période 2011-2015 et 35 pour la période de 2016 à 2020.

En exploration, les activités seront surtout orientées dans la région Est du post-sal, dans les bassins de Sergipe-Alagoas, dans le Potiguar-Ceará et dans la région équatoriale. Ces régions recevront 17,5 Mds USD, ce qui équivaut à 69% du total des investissements pour l’exploration.

“Nous cherchons de nouvelles exploitations, aussi importantes que celle du pré-sal. Cette stratégie est un pari de l’entreprise et fait partie de la diversification du budget”, justifie José Formigli, directeur de l’E&P de Petrobras.

Malgré le report de certains projets, le Business Plan donne clairement priorité au développement des systèmes du cluster du Bassin de Santos. Sur les projets offshores, 23 seront mis en place d’ici 2020. Les projets d’exploration du pré-sal ont obtenus 67,1 Mds USD (51% du total). La plus grande partie des financements sera destinée au développement de la production (66,4%). L’exploration se voit attribuer 31,2% du budget.

Planning réaliste:

La révision des indicateurs a altéré le calendrier d’au moins neuf projets. Parmi les principaux changements, il y a le report de 2015 à 2016 de l’entrée en opération des deux premiers FPSOs “réplicants” et du premier FPSO de la “cession onéreuse”, qui seront installés respectivement à Lula Alto, Lula Central et Franco. On ne prévoit aujourd’hui plus qu’un seul projet pour 2015 – le FPSO de Cerambi Nord dont le contrat est sur le point d’être signé.

Suite à la politique de transparence des informations, pour la première fois le secteur de l’E&P a répertorié les projets qui seront mis en place entre 2016 et 2020. Parmi les nouveaux projets assurés : de nouvelles unités pour Lula Sud, Carioca, Lula Nord, Franco, (qui auront en 2015 au minimum quatre plateformes en plus de la P-74), Lula Ext. Sul, Iara Horst, Nordeste de Tupi, Iara NW, Sul de Guará, Júpiter, Entorno de Iara et Florim.

Pour 2012, la compagnie pétrolière prévoit le lancement des opérations de deux sites : Baleia Azul, en septembre, puis Baúna et Piracaba, en octobre. Le plan précédent prévoyait également le lancement du module IV de Roncador et du projet pilote de Sapinhoá, tous deux reportés à l’année prochaine.

En 2013, le planning prévoit l’entrée de trois systèmes supplémentaires : un projet pilote au nord-est de Lula ainsi que les unités P-61 et P-63, toutes deux sur le champ de Papa Terra, dans le Bassin de Campos. Pour 2014, quatre projets sont prévus : P-58, dans le Parc des Baleines ; P-62, dans le module IV de Roncador ; FPSO Cidade de Ilhabela, à Sapinhoá nord ; et FPSO Cidade Mangaratiba, à Iracema sud.

A partir de 2016, le nombre de projets par an commence à augmenter. Déjà cette année, la liste comprend sept nouvelles installations, toutes destinées à l’exploitation du pré-sal de Santos (“concession et cession onéreuse”). En 2017 et 2018, le retrait de sept unités a également été programmé.

Les nouveautés à venir:

Le secteur de l’E&P utilisera les systèmes de production permanents du cluster pour faire les tests de longue durée dans les nouveaux sites de la région. La mise en place de ce nouveau projet commencera en 2013, avec l’entré des FPSOs de Sapinhoá et de Lula Nord-Est. Petrobras a déjà deux sites en étude, dans les régions de Lula et Iracema. Il s’agirait de relier leurs puits aux unités définitives, plutôt que d’effectuer ces campagnes uniquement avec les FPSO spécifiques, tels que le Dynamic Producer et le Cidade de São Vicente. Grâce à cette mise en place, Petrobras sera plus mobile et pourra tester un plus grand nombre de découvertes dans la région. De plus, l’utilisation d’unités fixes pour les tests va permettre d’exploiter le gaz dès la phase de TLD.

Avec les mises en place toujours plus nombreuses des projets hors pos-sal, Petrobras estime que 46% des 4,2 Ms de b/j prévus pour 2020 seront extraits du pré-sal, soit 28% des actifs des concessions, et 19% des systèmes de la “cession onéreuse”. Les projets du post-sal représenteront 42% de ce volume, laissant les autres 12% aux nouvelles découvertes.

En plus de ses capitaux propres, Petrobras prévoit qu’un montant de 34 Mds USD lui soit débloqué par ses sociétés partenaires afin d’investir dans le secteur de l’E&P.

Le budget destiné à l’approvisionnement perd 20 Mds USD

Le budget du département Raffinage/Transport/Commercialisation est certainement celui qui a le plus souffert du Business Plan de Petrobras.
Alors que la compagnie lui réservait 73,6 Mds USD d’investissements dans son BP 2011-2015, le secteur ne recevra désormais plus que 65,5 Mds USD jusqu’en 2016.

De plus, si l’on considère uniquement les projets d’installation – ceux dont les financements sont garantis -, ce chiffre chute à 51,7 Mds USD, soit 24,8% du budget initial, originellement prévu pour le département d’approvisionnement. La réforme budgétaire du département est directement liée à la nouvelle gestion des projets, établie par Graça Foster. Elle concerne directement les projets des nouvelles raffineries. L’exemple le plus emblématique étant celui de Rnest.

Après des retards successifs – trois entre le dernier Business Plan et l’actuel – l’usine a été présentée pendant la divulgation du Business Plan 2012-2016 comme exemple de mauvaise gestion et de mauvaise administration. Depuis le lancement du projet en 2005, trois ans de retard se sont déjà accumulés et le coût se révèle neuf fois supérieur au coût initialement prévu, faisant un bond de 2,3 Mds USD à 20,1 Mds USD.

Le projet a été le premier du département Raffinage à voir son planning totalement reformé par la Direction d’Ingénierie, Technologie et Matériaux, qui a annoncé son entrée en opération pour novembre 2014. La deuxième étape de la raffinerie sera inaugurée six mois plus tard, en mai de l’année suivante. En ce qui concerne les autres raffineries le message de Graça a été très clair : personne n’est autorisé à divulguer de nouvelles échéances sans son approbation. En effet, chaque projet passe par une étude minutieuse afin de déterminer les nouveaux délais.

Ce qui n’est pas prévu par le Business Plan:

Les usines Premium et la seconde étape de l’usine du Comperj sont classées « en cours d’étude », ce qui les oblige ainsi à se disputer le budget. Ainsi, l’usine Premium I, de 600 000 b/j, ne sera pas inaugurée en 2016 et le projet de l’usine Premium II ne devrait plus voir le jour en 2017.

Graça, cependant, a déclaré que les quatre raffineries sont une priorité et qu’elles ne quitteront pas le portefeuille de Petrobras «Nous n’allons pas rediscuter leur réalisation. Ce sera fait. Mais je dois savoir combien cela nous coûtera et si cela est compatible avec le budget disponible ».

Peu de gaz, et encore moins d’énergie:

Bien que Petrobras s’assure que chaque projet bénéficie du budget nécessaire, l’entreprise réévalue ses délais et priorités. Les incertitudes quant au volume future de gaz naturel du pré-sal, et la faible compétitivité des centrales thermiques à gaz dans le scénario actuel du marché électrique brésilien, ont incité la société pétrolière à préféré attendre plutôt que d’investir en ce qui concerne le secteur du Gaz et Energie.

Pas en vain: des 13,5 Mds USD prévus par le département, un peu plus de la moitié (7,7 Mds USD) est attribué à des projets en phase d’installation. Les 5,9 Mds USD supplémentaires seront destinés aux projets en cours d’analyse, qui seront exécutés seulement s’ils prouvent une rentabilité, un retour sur investissement, et un financement possible, en plus d’être en compétition avec des projets d’autres secteurs.

L’UFN de Três Lagoas, dans l’Etat du Mato Grosso du Sud, le terminal de GNL de Bahia, l’UPGN Cabiúnas et l’UTE Baixada Fluminense (530 MW), qui positionnera l’entreprise comme septième plus grande génératrice d’énergie du pays, sont des projets qui seront maintenus.

En ce qui concerne les projets en cours d’analyse, Petrobras laisse en stand-by le projet du FLNG, jusqu’à ce que la courbe de production de gaz viabilise l’unité. L’UFN V, à Uberaba (MG), devra également revoir ses délais. Destinée à entrer en opération l’année dernière, l’entité n’a toujours pas la garantie d’être approvisionnée à temps pour son lancement initialement prévu en septembre 2015, le gazoduc qui lui est associé n’étant toujours qu’en projet. La phase finale de regazéification qui devrait être construite à Barra do Riacho (ES) est toujours en phase d’analyse.

Le Business Plan 2012-2016 ralentit également le développement des nouvelles centrales thermiques à gaz, soit trois usines en cours d’étude qui totalisent 1,3 GW : Bahia II et Barra do Riacho I, dans l’Etat de Bahia, et Sudeste IV. Leur faible compétitivité face aux centrales éoliennes et le besoin de justifier 20 ans de réserves pour chaque projet en compétition, sont des raisons qui pourraient limiter leur expansion.

Petrobras a également évoqué dans son Business Plan la mise au point d’un projet d’optimisation de la compression de Gasbol, afin d’accroître la capacité du gazoduc à 2 Ms de m3/jour.

Fournisseur, la clé du succès:

Pointé du doigt comme étant responsable de la perte de vitesse de la courbe de production de Petrobras, les fournisseurs pourraient être responsables de la probable augmentation des investissements de l’entreprise pour la période 2012-2016. Tel que l’a annoncé la présidente Graça Foster durant la divulgation du Business Plan, « il est nécessaire que les entreprises soient de notre côté afin que les projets soient les plus viables possibles ».

Plus clairement, la Présidente de Petrobras sous-entend que la libération des 27,8 Mds USD prévus pour les projets en étude dépendra beaucoup des prix négociés avec le marché. Le message pour le fournisseur, qu’il soit national ou étranger, est de réfléchir avec Petrobras et de rendre le projet plus viable afin de battre les autres candidats qui souhaitent s’implanter.

Selon les perspectives de financement adoptées par le Business Plan 2012-2016, 151 Mds USD sortiront des caisses de l’entreprise, soit 15 Mds USD de marges sur le budget actuel et 136 Mds USD des flux de trésorerie jusqu’en 2016. 14,8 Mds USD supplémentaires seront comptabilisés à partir d’opération de désinvestissements, qui doivent être pour la grande majorité conclues en 2013.

Les besoins en captation de fonds ont été estimés à 80 Mds USD, soit une moyenne de 16 Mds par an. Selon Barbassa, ce montant est atteignable puisque l’entreprise a déjà collecté des valeurs semblables durant les quatre dernières années. « Nous avons un plan d’investissement, d’un point de vue financier, tout à fait finançable ».

En ce qui concerne l’éventuel impact de variation des prix des produits dérivés sur le marché international, Barbassa a déclaré que le Business Plan tenait compte des prix internationaux, tout en émettant une réserve : « nous n’avons pas besoin d’atteindre immédiatement les prix internationaux, cependant, nous devons réussir à nous aligner à moyen et long terme. »

Graça a ponctué son message de : « Le premier fondement (du Business Plan) est la parité des prix, mais il n’est pas écrit que cela doit être le cas tout le temps, tous les jours. Nous ne ferrons pas subir la volatilité des prix au consommateur ».

Les biocombustibles perdent de l’importance:

Le secteur des bio-combustibles a perdu du poids dans le nouveau plan de Petrobras et voit son budget chuter de 4,1 à 3,8 Mds USD. De ce montant total, Petrobras Biocombustible (Pbio) utilisera moins d’un tiers, soit 1,2 Md USD engagé, pour ses projets d’installation. Petrobras se concentre principalement sur l’éthanol, qui détient 1,05 Md USD pour ses projets en cours et plus de 800 Ms mis à disposition pour de possibles acquisitions de friches industrielles.

Bien qu’ils soient présentés comme des éléments phares du secteur, les projets de biodiesel et de bio-kérosène destinés à l’aviation, possèdent un budget garanti à seulement 30 Ms USD. Si l’on considère les projets en étude, le montant s’élève à 280 Ms USD. L’installation d’une usine de biodiesel et d’une usine de bioQAV fait partie des projets prévus pour ce secteur, outre la construction d’une usine de biodiesel au Portugal.

La distribution conserve ses chiffres:

Le département Distribution est celui qui a le moins souffert des coupes budgétaires. Des 3,2 Mds qu’ils lui étaient destinés, seulement 100 Ms sont attribués aux projets en cours d’étude. Le département conserve ainsi les chiffres prévus par le Business Plan 2011-2015 de 3,1 Mds USD.
La plus grande partie des investissements sera destinée aux opérations et à la logistique : soit 1,39 Mds USD. Les départements destinés à l’automobile et au consommateur recevront près de 700 Ms USD chacun. Le département des filiales géreront un budget de 420 Ms USD.

La construction des deux bases de distribution, une dans la région Nord et l’autre dans la région Centre-Ouest, l’extension et la modernisation de l’Usine de Lubrifiants de Duque de Caxias (RJ), l’expansion de 142 km de canalisation de gaz dans l’Etat de l’Espirito Santo, et l’implantation de 1 275 nouvelles boutiques dans les stations essence de BR Distribuidora, sont les principaux projets en œuvre.

Concernant les perspectives de participation de BR (réseau de distribution des combustibles de Petrobras) sur le marché, les chiffres restent modestes : pour le marché automobile, le distributeur passera de 31,9% cette année à 33,4% en 2016 et 34,2% en 2020.

Evaluation du marché international:

La direction Internationale de Petrobras aura un budget de 10,7 Mds d’USD dont 6 Mds à investir en projet d’implantation. Ce budget sera surtout destiné aux activités d’E&P, secteur qui concentre 85% du montant total, correspondant à 5,1 Mds USD. Les 900 Ms USD supplémentaires seront répartis sur des projets du département Distribution (400 Ms USD), Raffinage (200 Ms USD), Gaz et Energie (100 Ms USD), Pétrochimie (100 Ms USD) et Corporative (100 Ms USD).
Pour les projets en cours d’étude, le département dispose de 4,7 Mds USD jusqu’en 2016, destinés presque exclusivement à l’E&P. En effet, le secteur possède 97% des ressources attribuées aux projets en étude (4,6 Mds USD), et le reste sera redistribué aux projets de Raffinage. En somme, prenant en compte les projets en cours d’étude et d’implantation, le département International détient un budget total de 10,7 Mds USD, soit une perte de 2,7% en comparaison avec les 11 Mds USD prévus dans le Business Plan précèdent.

Les budgets prévus pour les projets internationaux ne dépendent pas des flux de trésorerie du Brésil et des activités de captation de fonds, et sont capables de s’autofinancer.

Source: Brasil Energia
Traduction: Aude Vatry, Noémie Alcaraz et Amandine Chevé
Révision : Michel Curletto
contact@clubdupetrole.com.br

, , , , , , , , , ,