Sans pluies, l’Opérateur National du Système Electrique (ONS) allume les thermiques à huile


Le volume des réservoirs dans la région du Nordeste s’approxime des niveaux minimum de sécurité, conduisant l’Operador Nacional do Sistema Életrico (ONS) – l’opérateur national du système électrique – à actionner, de façon urgente, un ensemble d’usines thermiques mouvementées à l’huile. Elles furent allumées hier pour produire 2,1 mille mégawatts en moyenne et économiser l’eau des hydro-électriques. Cette décision a été prise à cause du retard dans l’arrivée de la saison des pluies.

Les usines à gaz naturel et à charbon avaient déjà été allumées, comme il est habituel presque tous les ans, pendant la sécheresse. Cependant, l’actionnement des thermiques à huile diesel combustible s’est fait dans des circonstances exceptionnelles car elles sont plus chères et polluantes. En accord avec les sources du marché, le coût de production des thermoélectriques a été d’environ 711R$ par mégawatt heure. Le coût des hydro-électriques est inférieur à 50R$ par MWh. Les usines éoliennes ont été évaluées ces dernières années à un prix de 100R$ environ.

« L’ONS suit un processus normal et est discipliné dans l’opération », a affirmé le secrétaire exécutif du Ministère des Mines et de l’Énergie, Márcio Zimmermann. Il a décliné tout risque de problèmes dans l’approvisionnement d’énergie dans le Nordeste. « Notre système est hydro thermique et utilise ces recours lorsqu’il est nécessaire. Nous observons en permanence et prenons des décisions au moment où il faut les prendre. C’est ce que l’ONS fait maintenant ».

Le phénomène climatique El Niño a retardé l’arrivée des pluies et a diminué le volume d’eau accumulé dans les réservoirs. Dans le Nordeste, ils doivent atteindre, à la fin de l’année, 34% de leur capacité pour rester dans la marge de sécurité. À ce jour ils sont à 34,7% – le taux le plus bas de stockage depuis 2003. Dans le réservoir de Sobradinho, le niveau a baissé à 25,4%. Normalement, le volume commence à augmenter à cette période de l’année, mais le retard des pluies commence à inquiéter le gouvernement.

Comme l’explique le président du cabinet de conseils Andrade & Canellas, João Carlos de Oliveira Mollo, l’utilisation des thermiques à huile est le « dernier recours » pour protéger le système électrique contre les risques majeurs. « La prochaine étape sera de prier », dit le spécialiste, qu’a fait l’éloge sur la stratégie adoptée par l’ONS. Pour l’instant, il ne voit aucune menace pour la sécurité du système en 2013 comme le besoin de rationnement.

La contrepartie c’est que le coût de production des thermiques finit par être divisé par tous les consommateurs à travers du Tarif des Services du Système (« ESS » en portugais), ce qui se reflète dans le réajustement des distributeurs l’année suivante. En 2011, le compte de l’ESS est resté à 1,4 Mds de reais, avec une chute de 300 Ms de reais par rapport à l’année précédente. Une association du secteur, qui a demandé à ne pas être identifiée, calcule à 35 Ms de reais par jours le coût d’actionnement des usines thermiques à huile combustible.
Notons que l’ONS n’a pas informé pour combien de temps ces thermiques seront allumées, mas il a dit que cette mesure sera discutée dans la réunion du Comité de Surveillance du secteur Électrique (CMSE) lundi.

Le président-directeur de l’ONS, Hermes Chipp, a expliqué que depuis septembre, la méthodologie de l’opération du système indiquait déjà la nécessité d’actionner les thermiques à huile. D’après lui, l’adoption de ces mesures a été suspendue jusqu’à hier en évitant ainsi une dépense de 14 Mds de reais en coûts de génération. « Nous attendions l’eau (pluies). Comme elle tardait à arriver cela valait la peine d’activer les thermiques, a-t-il dit ».

En accord avec Chipp, les usines ont été actionnées pour générer 1,1 mille MW dans le Nordeste. Le restant sera activé dans le Sudeste, mais cela va permettre d’augmenter le transfert d’énergie dans le Nordeste. Il n’a pas confirmé l’information selon laquelle le prix au MW généré par les thermiques est de 711 reais MW et a affirmé que la capacité de production des centrales allumées est de 160 MW.

Source : Brasil Energia
Traduction : Mélanie Ventura
Révision : Michel Curletto
contact@clubdupetrole.com.br